La pluie tombe :

LEON NEIMAD : La pluie tombe

Paroles :

J’ai repris mes esprits, regroupé mes instants de bonheur
J’ai tout emballé, mis un joli papier, un ruban de couleur
J’ai mis à chauffer un peu d’eau, un peu de chaleur.
J’ai pris un bol aux bords un peu ébréchés, sans valeur

Puis j’ai déballé un sachet de thé à la menthe et l’ai mis à infuser
J’ai attendu que le soir tombe, que la lumière vienne à baisser
Je me suis assis devant la table où tu cuisinais
La tête entre les mains, je crois qu’en silence j’ai pleuré

La pluie tombe je la regarde et ça ne sert à rien
Sans bruit elle me fait l’effet d’une bombe
La pluie tombe elle n’intéresse que les moins que rien
Sans bruit

J’ai repris mes esprits, réuni mon courage à deux mains,
Je me suis frotté les yeux, massé le coup comme tu le faisais
J’ai crié en silence pour ne pas réveiller les enfants
Je me suis levé, j’ai regardé dehors, la campagne, le ciel gris virant au noir

Le calme de la nuit m’a un peu consolé, debout devant la fin du jour
J’ai entendu les craquements de la maison, j’ai espéré que ce serait toi,
Je me suis retourné, j’ai cherché du regard, une mise au point lente
Mais rien, les enfants dorment à l’étage, le sommeil me fuit

La pluie tombe je la regarde et ça ne sert à rien
Sans bruit elle me fait l’effet d’une bombe
La pluie tombe elle n’intéresse que les moins que rien
Sans bruit

J’ai repris mes esprits, réussi à m’accrocher à demain
J’ai repris le contrôle de ma vie, j’ai accepté la nuit
Le thé vert à la menthe m’a réchauffé la joue, j’ai souris à ton souvenir
J’ai soufflé un peu sur la buée, j’ai dégusté mon breuvage, j’ai pensé

Certains instants posent la douleur en suspend, je suis assis à ta place,
J’ai la vue que tu avais, j’ai cru que tout s’arrêterait, je me suis trompé
Combien de temps suis je resté comme ça, la tête vide, le corps vide, les yeux vide
Puis j’ai décidé de remettre le moteur en marche sans toi

La pluie tombe je la regarde et ça ne sert à rien
Sans bruit elle me fait l’effet d’une bombe
La pluie tombe elle n’intéresse que les moins que rien
Sans bruit

J’ai repris mes esprits, je suis retourné au combat, j’ai accepté ta fin comme une évidence
Echafaudé un plan, mis en ordre de marche la suite, j’ai pressé le sachet de thé en entourant le fil autour, je l’ai déposé auprès du bol, j’ai bu une grande gorgée

Le thé vert à la menthe m’a réchauffé le corps, je me suis senti vivant.
Certains instants marquent au sang, certains instants me manquent,
Ta voix me manque, ton rire me manque, et la pluie tombe.
La nuit m’enveloppe, je suis là, tu demeures à côté,

Sans bruit.

La pluie tombe je la regarde et ça ne sert à rien
Sans bruit elle me fait l’effet d’une bombe
La pluie tombe elle n’intéresse que les moins que rien
Sans bruit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.